| L’accès
au statut L.M.P. peut-il s’accompagner d’une opération
de démembrement de propriété ?
OUI.
Le nu-propriétaire et l’usufruitier doivent
être d’accord sur la destination des locaux, en l’occurrence
une location meublée. C’est bien entendu l’usufruitier
qui disposera du statut de Loueur en Meublé Professionnel.
En cas de démembrement, à qui revient
la charge de la copropriété et des impôts locaux
?
L’usufruitier est tenu aux charges d’entretien, celles
de la copropriété, taxe foncière et assurance
des locaux.
Le nu-propriétaire doit supporter les grosses réparations.
Dans quel cas peut-on bénéficier d’un
statut L.M.P. en louant des locaux nus ?
Le preneur doit exercer l’activité de location meublée
et le bail doit comporter des clauses associant le propriétaire
à la gestion ou au résultat de son locataire.
Est-il possible de bénéficier d’un
statut L.M.P. sans être inscrit au Registre du Commerce et
des Sociétés ?
OUI.
Mais à condition de pouvoir justifier d’une demande
d’immatriculation auprès du Greffe du Tribunal de Commerce,
et qu’elle a fait l’objet d’un refus en raison
du caractère non commercial de l’activité (cas
de figure de plus en plus rare).
Le statut L.M.P. peut-il être remis en question
du fait de retard de paiement du locataire ?
NON.
Le seuil de recettes à atteindre, soit 23.000 €uros
TTC, est issu de la comptabilité, établie selon la
méthode des engagements (à contrario d’une comptabilité
de trésorerie, dite de caisse). Il est résulte qu’on
prend en compte la facturation, donc les créances réglées
ou non, et non pas les seuls encaissements de la période.
Peut-on devenir L.M.P. progressivement ?
OUI.
Mais un tel choix doit s’examiner avec précaution.
En effet, cette période préalable est considérée
comme un statut de Loueur en Meublé Non Professionnel, et
les déficits éventuels ne peuvent s’imputer
que sur des bénéfices ultérieurs de même
nature. Si vous devenez L.M.P. avant d’avoir pu imputer ces
déficits reportables, vous souffrirez d’un manque à
gagner.
Peut-on bénéficier du statut L.M.P.
par le biais d’une société ?
OUI.
La structure doit dépendre du régime fiscal
des sociétés de personnes (EURL, SARL de famille,
Société en Nom Collectif). Mais seuls les associés
ayant une quote-part de loyer supérieur au seuil de 23.000
€uros pourront prétendre au statut L.M.P. Ce seuil ne
s’apprécie donc pas au niveau du « chiffre d’affaires
» de la société, qui se trouve éclaté
entre les associés, en fonction de la répartition
des parts sociales.
Les frais d’acquisition sont-ils déductibles
?
OUI.
A condition d’être justifiés, notamment
concernant les frais d’ingénierie pour lesquels l’administration
redoute, pour les ventes « packagées » qu’un
transfert du prix de l’immobilier soit opéré
sur les divers frais afin de maximiser le déficit reportable
la première année.
Les Loueurs en Meublé Professionnels doivent-ils
acquitter la Taxe Professionnelle ?
OUI.
Sauf quelques cas particuliers. Des dispositifs permettent de la
plafonner à 3,5 % de la valeur ajoutée dégagée
par l’activité.
Les Loueurs en Meublé Professionnels doivent-ils
acquitter des charges sociales ?
OUI.
Ce sont celles des Travailleurs Non Salariés. Elles sont
basées sur le résultat de l’activité.
En cas de déficit, un forfait minimum est à régler,
que l’on peut quelquefois réduire voire annuler lorsqu’on
peut démontrer un statut salarié à temps plein
par ailleurs, et que cotiser en tant que L.M.P. ferait doublon.
Les biens loués en statut L.M.P. sont-ils
exonérés d’ISF ?
NON, si l’activité est déficitaire.
OUI, mais seulement si l’investisseur est immatriculé
au Registre du Commerce et des Sociétés, que les recettes
dépassent le seuil de 23.000 €uros TTC / an, et que
les revenus de cette activité représentent plus de
50 % des revenus professionnels du foyer fiscal.
Quelle possibilité pour la famille ?
Une SARL de famille peut intégrer les enfants, même
mineurs, à une activité L.M.P.
Il peut s’agir, par exemple, d’une donation aux enfants
de la nu-propriété des parts sociales ; les parents
conservant l’usufruit. Certaines clauses seront à prévoir,
par prudence, afin de ne pas remettre en cause le contrôle
de la société par les parents.
En cas de déficit d’une SARL de famille
dont les parts sociales sont démembrées, qui déclare
les déficits fiscaux ?
Dans ce cas précis, l’administration avance que c’est
au nu-propriétaire d’imputer les déficits fiscaux.
Toutefois, la rédaction d’une convention de répartition
du résultat peut permettre une organisation différente.
Les amortissements sont-il bien déductibles
?
Comptablement, OUI.
Fiscalement, en période bénéficiaire, OUI.
Fiscalement, en période déficitaire, ils sont réputés
différés. Cela signifie que l’imputation fiscale
de cette charge est différée sur l’année
du retour à une situation bénéficiaire.
En matière de TVA… ?
Les locations de meublés peuvent être assujetties
à TVA pour peu qu’au moins trois prestations soient
remplies, citons par exemple :
• fournitures de petit déjeuner et linge de maison
• nettoyage des locaux
•
réception
L’intérêt majeur réside
dans les possibilités de récupération de TVA
sur le prix de l’immobilier pour un investissement dans le
neuf. Si les recettes sont inférieures à 76.300 €uros,
l’investisseur peut bénéficier du régime
de franchise en base, mais en se privant de la récupération
de TVA lors de l’acquisition.
Sans prestation de services, le bail supportera la C.R.L. (contribution
sur les revenus locatifs).
Peut-on exercer une activité L.M.P. en
investissant dans l’ancien ?
OUI.
L’activité peut s’exercer indifféremment
sur des logements neufs ou anciens.
Peut-on transformer aisément des locaux d’habitation
loués nus en meublés ?
Le Code de la Construction et de l’Habitation comporte des
restrictions dans la possibilité d’un tel changement
d’affectation des locaux.
Ce changement n’est normalement pas possible pour des logements
situés :
• à Paris,
• dans des communes situées dans un rayon de 50 kilomètres
de l’emplacement des anciennes fortifications de Paris,
• dans des communes dont la population est égale ou
supérieure à 10.000 habitants.
Ce changement est toléré pour une activité
de Loueur en Meublé Non Professionnel.
Elle serait possible pour un statut L.M.P. s’il obtient une
autorisation administrative préalable, événement
rare dans la pratique.
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